"Rencontrer les gens qui vivent sur place"

by Séverine Oudry
localisation

Le goût du voyage, Christian le doit d’abord à ses parents. « Mon premier voyage, c’était à Venise. J’avais six ans. Venise, avec des yeux d’enfant, tout est grand, tout est beau. » A l’époque, dans les années 70, la famille voyage « serrée », précise Christian, en voiture et préfère le camping aux hôtels. L’Espagne de Franco ou la Yougoslavie de Tito, avalée à bord d’une Smica rouge, forgeront des souvenirs indélébiles : « On ne connaissait pas la langue. C’était l’aventure. » Devenu adulte, Christian a donc gardé un sérieux penchant pour les escapades lointaines. Avec une idée bien précise d’un voyage réussi. « Ce qui m’intéresse, c’est de rencontrer les gens qui vivent sur place. Aller dans un nid à touristes n’a aucun intérêt », tranche-t-il. En 1997, Christian traverse l’Atlantique pour visiter Los Angeles et San Francisco en compagnie de sa mère et de sa sœur. Il y a quinze ans, le globe-trotteur s’envole pour le Sénégal. Un voyage organisé par le centre dans lequel il est pris en charge. « Tous les quatre ou cinq ans, j’essaye de faire un voyage », explique ce volubile cinquantenaire. Son dernier voyage en date ? Le Vietnam, préparé cette fois par ses soins, avec l’appui du centre qui le suit.

Ce qui m'intéresse, c'est de rencontrer les gens qui vivent sur place

« Tout est parti d’un reportage à la télé sur la baie d’Along. Je vois ça et je me dis : il faut que j’y aille », s’exclame Christian. La magie de la vie fera le reste. La rencontre avec une auxiliaire de vie, « une aventurière », précise Christian, qui l’accompagnera dans son périple asiatique. « Je voulais quelqu’un qui dispose de certaines compétences, décrypte Christian, et qui avait aussi l’habitude de voyager. Je ne serai pas parti avec quelqu’un que je connaissais pas ». Avant de préciser : « Il faut respecter ceux qui nous accompagnent. Ce n’est pas parce que nous leur payons le billet que nous avons tous les droits. »  Sur place, Christian dort à l’hôtel ou chez l’habitant, toujours à la recherche d’échanges humains, et prend le temps de la découverte. Un voyage sur mesure. « Je ne voulais pas d’un marathon mais d’un voyage », tranche Christian, qui en profite pour franchir la frontière cambodgienne pour admirer les temples d’Angkor. Et Christian n’en a pas fini avec ses périples. Il y a vingt et un an, il s’est fait une promesse au décès de son père : se rendre sur les cinq continents. A son tableau de chasse de globe-trotteur, il manque encore l’Océanie. Alors, il rêve d’aller en Australie. Si son projet se réalise, il aura ainsi bouclé son tour du monde. 

null